Rappelons les médailles obtenues au Val di Fiemme 2014

  • Sprint libre U20 hommes : Jean Tiberghien (médaille d’or)

  • 10km classique U23 dames : Célia Aymonier (médaille d’argent)

  • Skiathlon U23 hommes : Adrien Backscheider (médaille d’or) et Damien Tarantola (argent)

  • Relais 4 x 5km U20 : Médaille d’argent avec Richard Jouve, Valentin Chauvin, Jules Lapierre et Jean Tiberghien

  • A toutes ces médailles, il faut ajouter de nombreuses places d’honneur.

    L'équipe médaillée d'argent : Jean Tiberghien, Jules Lapierre, Louis Schwartz, Valentin Chauvin et leur coach, Olivier Michaud



    Dominateurs en Coupe des Alpes, les U20 et U23 français retrouvaient au Kazakhstan les Scandinaves et surtout les pays de l’est qui jouaient « à domicile ». Le site retenu pour ces Mondiaux dominait la capitale kazakhe et ses 1 500 000 habitants. Après un très long voyage, il a fallu s’adapter au décalage horaire mais surtout au nuage de pollution qui flottait au-dessus de la ville. Si le site proposait d’excellentes conditions pour les techniciens avec des salles de fartage ventilées, il n’offrait pas une qualité de neige optimum car insuffisamment équipé en canons à neige. Le matériel des coureurs a beaucoup souffert durant la semaine.

    Clément Parisse, médaille d'argent du skiathlon

    Sur le plan sportif, les Russes ont été très dominateurs avec des jeunes qu’on espère revoir dans quelques années… Si les juniors d’Olivier Michaud n’ont pas obtenu les médailles qu’ils espéraient dans les courses individuelles, ils ont joué placés au contact des meilleurs. Piqués dans leur amour propre, ils ont réalisé un final de rêve en prenant la médaille d’argent du relais avec une équipe composée de Valentin Chauvin, Jules Lapierre, Jean Tiberghien et Louis Schwartz, en restant au contact des Russes jusqu’à 1km de l’arrivée et en distançant les Norvégiens de 45s. Pour le groupe U23 de Vincent Vittoz, deux médailles ont récompensé nos Français : l’argent pour Clément Parisse en skiathlon et le bronze pour Adrien Backscheider dans le 15km libre. A noter que le Vosgien aurait pu espérer une nouvelle médaille dans le skiathlon sans la casse d’un bâton au moment de l’emballage final. Richard Jouve qui vient de s’illustrer en coupe du monde a terminé au pied du podium du sprint classique.

    Adrien Backscheider médaille de bronze du 15km libre

    Pour mieux apprécier ce qu’ont été ces Mondiaux d’Almaty, il était important de donner la parole aux principaux acteurs.

    Olivier Michaud, chef d'équipe et entraîneur des juniors garçons

    « Chaque championnat du monde est différent. Cette année, les contraintes majeures étaient le décalage horaire, la pollution, trouver les skis et le fart performant pour une neige sale, lente et sans cohésion, et bien sûr avoir une équipe de France en forme le jour J. Sur ce dernier point, la préparation était bien ajustée. La réussite de cet évènement est entièrement dépendante de l'implication des athlètes mais tout autant du staff. Cette année, une fois de plus, je tiens à les féliciter et à les remercier (GAMBY Mickael, FELIX Gaelle, MONNET Quentin tous cadres de régions) sans oublier l'encadrement FFS DENARDIN Guillaume, CHENE Thibaut et VITTOZ Vincent.
    Je suis arrivé sur ces championnats du monde avec mon équipe juniors garçons en forme, tous les voyants étaient au vert mais malgré cela les courses individuelles n'ont pas été à la hauteur de ce que nous espérions. Les médailles étaient extrêmement difficiles à atteindre vu la domination des Russes.
    Le groupe est resté solidaire au fil des jours. A la dernière réunion d'avant course du relais, j'ai ressenti une forte détermination des gars mais aussi un stress particulier et lors du jour J, ils ont suivi les consignes à la lettre et ils sont allés chercher la médaille avec les tripes et ont même réussi à faire douter les Russes ! (il suffisait d'entendre les échanges radio de mes homologues russes ....)
    Rentrer de ces championnats du monde juniors sans médaille aurait été impensable ou difficile à vivre. Je pense que la richesse de cette équipe de France actuelle est due à des athlètes de qualité, à une politique sportive cohérente, à une liaison adaptée entre les juniors et les U23 et à une très bonne communication dans le staff (chacun s'implique pour les groupes des uns et des autres, Vincent et moi, on a horreur de perdre...) Et c'est seulement à ce moment là que l'on peut parler d'EQUIPE DE FRANCE. »

    Nuage de pollution

    Vincent Vittoz, chef de groupe des U23

    « Après des mondiaux 2014 réussis à Val di Fiemme, l'objectif était de confirmer par de nouvelles médailles. Nouveau départ, nouvelles contraintes et pas des moindres avec un environnement inconnu au cœur d'une ville polluée d'un million d'habitants, une neige particulière et un long voyage depuis la France à digérer.

    Comme annoncé, sur chaque course, il y avait des opportunités mais il fallait savoir les saisir. La médaille d'argent de Clément Parisse sur le skiathlon, le bronze d'Adrien Backscheider sur le 15km libre et aussi la 4ème place de Richard Jouve en KO sprint confirment nos ambitions. Je suis vraiment satisfait de l'attitude des athlètes qui se sont investis à 100% dans cet objectif. Rien n'est jamais acquis, la casse du bâton au plus mauvais moment de la course d'Adrien lors du skiathlon en est un parfait exemple et nous prive peut-être d'une médaille supplémentaire. En tout cas, nous avons joué pleinement le coup avec les qualités de chacun.

    Pour finir je crois profondément que cette réussite est le résultat d'une énorme dynamique de travail de l'ensemble du staff et des athlètes. Nous savions que les médailles étaient accessibles et tout le monde, sans compter, a travaillé vers ce but. »

    Jean Tiberghien (U20)

    « Nous y étions pourtant prévenus avant de débarquer, mais le fait de courir à proximité d'une ville grosse comme Lyon, où la pollution prospère, fut quelque peu intimidant. Pendant les premiers jours d’acclimatation, nous avons donc usé de masques pour préserver un peu nos poumons, un des organes bien sollicité par la suite.

    Sur les courses individuelles, les Russes étaient tout simplement imprenables ; ils ont fait preuves d'un niveau proche des meilleurs seniors. Les 4 premières places étaient donc quasiment inaccessibles. Malgré cela, le groupe a su réaliser de belles performances (top 10) sur chaque format proposé.

    C'est donc avec ambitions (et stress) que nous abordions le relais, notre ultime chance de médaille. Nous avons tous réalisé une course de grande qualité dans laquelle nous avons fait jeu égal avec nos concurrents Russes. Finalement, nos efforts sont récompensés par cette magnifique 2ème place. Quel bonheur de partager cette expérience avec les potes, cela faisait depuis les FOJE que nous faisions tout ensemble. Ce fut un moment plein de joie et d'émotion, le genre de moment quasi indescriptible qui nous donne l'envie de taper les pointes sur le bitume encore des années et des années ! »

    Jules Lapierre (U20)

    « Pour moi, ce fut une super semaine. Le décalage horaire, et la pollution de la ville ont été les deux points négatifs à surmonter. Toutefois, c'est un travail d'adaptation qui est important dans notre sport et qu'il nous faut savoir faire. Pour ma part, je suis très satisfait de mes courses notamment du skiathlon mais encore plus du relais.

    Nous avons terminé en beauté sur cette magnifique course, la deuxième place ce n'est pas rien surtout à ce niveau là. En plus avec les potes, c'est vraiment énorme ! Finir les championnats du monde junior sur une bonne note, ça a fait du bien à tout le monde, la médaille c'était le truc qui nous manquait. Après les médailles de Adrien et Clément, l'envie a énormément monté, il nous ont ouvert la voie. L'équipe de coachs et de techniciens a été vraiment très performante !! Tout ça dans la bonne ambiance. Une belle expérience très enrichissante. »

    Louis Schwartz

    « Almaty, destination plutôt exotique pour disputer des championnats du monde. Après des petites frustrations sur les distances, nous avions vraiment à coeur de bien faire sur ce relais. Les Russes, intouchables, impressionnants sur les épreuves de distances, étaient clairement favoris. Mais derrière, nous savions qu'il y avait quelque chose de beau à aller chercher. Les trois premiers relayeurs me donnent dans des conditions optimales pour aller chercher la médaille. Je pars au contact du double champion du monde, mais lorsqu'il a attaqué à 1km de l'arrivée, je n'ai pas pu suivre, c'est ma seule déception de ce jour. J'aurai préféré le tenir plus longtemps, mais on ne refait pas la course. La joie à l'arrivée était indescriptible, nous l'avions fait ! Nous sommes une vraie équipe de potes, nous nous côtoyons dans les groupes depuis maintenant 3 ans, je passe plus de temps avec eux qu'avec n'importe qui d'autres.
    Les coachs ont fait un boulot incroyable sur nos skis, un staff vraiment solidaire, c'est aussi leur médaille ainsi que celle de notre remplaçant star Victor Roguet ! »